C'est en 1902 que, mandaté par le GPSR, Ernest Muret prit la direction d'une vaste enquête sur les noms de lieux de la Suisse romande. Il dirigea l'entreprise durant trente ans. Épaulé par de nombreux collaborateurs de toute la Suisse romande (archivistes, secrétaires communaux, etc.), il dépouilla les plans cadastraux pour mettre sur fiches les noms usités officiellement dans les 946 communes du territoire. Il en releva les mentions fournies dans des documents anciens. Il sillonna chaque commune pour recueillir de la bouche des meilleurs témoins les prononciations locales des toponymes recensés, en patois ou en français.
Il y a lieu de préciser que cette documentation est en principe destinée exclusivement à la publication du dictionnaire en cours d'élaboration; c'est en effet à cette fin que les fondateurs l'avaient collectée.
Ci-contre: spécimen du «fichier Muret», avec trois formes cadastrales (mots soulignés), une caractérisation concise de chaque lieu-dit (à droite des estampilles de la localité), des attestations anciennes (avec abréviation des sources consultées) et les prononciations patoises (au bas de la fiche, en transcription phonétique).