La baisse de vitalité des patois romands et leur disparition progressive de l'usage participent de celles des dialectes de l'ancienne Galloromania et sont liées à l'essor du français. Les traces de son influence sur les pratiques langagières romandes remontent à la fin du 13e siècle: de cette époque datent les textes les plus anciens écrits en une variété de langue (la scripta) qui avait pour caractéristique de mêler les éléments francoprovençaux et français.
L'intensification des contacts a d'abord conduit à une répartition des fonctions (diglossie) qui a prévalu durant plusieurs siècles: bilingue, on se servait de l'une ou de l'autre langue selon la situation, le contexte de communication ou l'interlocuteur. Mais, dans des réseaux sociaux de plus en plus ramifiés, le français a investi de plus en plus de fonctions communicatives (dilalie), y compris finalement le rôle de langue familiale. Une proportion grandissante de la population est ainsi devenue monolingue. En Suisse romande, la dédialectalisation a commencé vers le 18e siècle et était avancée au moment de la grande enquête du GPSR.